Antigone


contre la pense unique

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La rage des peuples

Que l’engouement sur-joué des démocraties sécuritaires pour les révolutions en cours dans plusieurs pays du

monde arabe ne nous fasse pas oublier l’inertie terrible du système. En Tunisie les anciennes milices ont déjà repris leur office afin de (continuer à) traquer les dissident-es un peu trop actif-ves. En Egypte, de nombreux activistes ont déjà été intégrés par les médias dominants ou matés par d’autres formes de domestication. Ces périodes historiques de ruptures avec des dictatures néocoloniales donnent également l’occasion au modèle unique des “démocrassies” de s’étendre toujours un peu plus aux quatre coins du monde.

Malgré tout, que d’autres pouvoirs dépouillent toujours les peuples des résultats de leurs combats ne change rien à la reconnaissance (humble) de la légitimité de ces colères et de la nécessité de ces luttes.

Une partie du monde arabe s’est levée, a affirmé ses rêves et son refus des fatalités, des injustices économiques et politiques.
Il nous apparaît donc essentiel de rendre hommage aux populations qui ont porté, tenu, affirmé et finalement imposé leurs révoltes.

 

Des milliers d’humains combattent, mènent des batailles et s’organisent collectivement;
Ce que nous ne sommes plus capables de faire, massivement,
elles et eux l’ont fait, par milliers.

Privé-es de nos superbes droits démocratiques, elles et ils n’ont pas demandé
mais exigé que les choses changent.

Et nous, qu’attendons nous pour envahir les places
et mettre nos États au pied de leurs murs ?

Nos démocraties nucléaires sont définitivement périmées,
tout comme les valeurs “universelles” portées par les pays impérialistes.

Essayons ne plus faire la leçon à qui que ce soit,
et occupons-nous du ici,
et dès maintenant !

 

“ Il faudrait que les occidentaux cessent de penser que la démocratie et le droit leur appartiennent et qu’il leur revient de les dicter. (…) Si le monde arabe de papa tombe, le monde arabe que les occidentaux portent dans la tête va-t-il tomber aussi ou vont-ils le garder pour les besoins de leur vision du monde ? ”

Boualem Sansa, écrivain algérien