Antigone s’engage

Liberté pour Jean-Marc Rouillan

Liberté pour Georges Cipriani

 

La solidarité est une de nos armes, la parole aussi ! Il y a un an, la justice d’État renvoyait Jean-Marc Rouillan en prison. Sorti le 17 décembre 2007 en semi-liberté, il travaillait la journée chez Agone, éditeur de la plupart de ses manuscrits, et rentrait le soir aux Baumettes dans l’espace réservé aux semi-enfermés – exercice improbable, mais accompli, d’une transformation quotidienne d’un homme dit « libre » en prisonnier. Militant d’Action Directe, arrêté le 21 février 1987, il avait passé près de 21 ans en prison. Dix mois après cette sortie panachée, il accorde une interview à un jeune journaliste qui lui pose la rituelle question des regrets des actions passées. Il répond : « Je n’ai pas le droit d’en parler, mais… », une réponse quand même ! Pour la justice, il a dérogé aux impératifs de la semi-liberté : NE PAS PARLER des événements qui l’ont mené à être jugé et condamné. Et hop, retour à la case départ ! Ce drôle de jeu de l’oie amuse les médias qui s’emparent de l’affaire, rendant sensationnel cet article qui aurait pu passer inaperçu. En mars 2008, les médecins découvrent chez Jean-Marc une maladie auto-immune évolutive et orpheline, dite de « Chester-Erdheim ». Toutes les médications envisageables sont expérimentales, donc inapplicables en prison – les prisonniers ne sont heureusement pas des rats de laboratoire. Après son passage à l’hôpital, la pénitentiaire décide de ne pas tenir compte de la pathologie. Jean-Marc a pourtant donné son accord pour des soins expérimentaux appliqués par des spécialistes, qui sont prêts à le recevoir. Que fait Jean-Marc Rouillan en maison d’arrêt depuis un an, sans surveillance médicale adaptée, après avoir été dix mois en semi-liberté sans un seul incident notable, hors ces quelques paroles jetées sur une page de journal ? L’État français a-t-il besoin de l’image du terroriste emprisonné pour détourner l’attention de la crise économique ou pour faire peur aux éventuels insurrectionnels en herbe ? A-t-il besoin de rappeler à ceux qui l’auraient oublié que la prison, à court, moyen ou long terme, est une fabrique de mort ?

 

Le 21 novembre 2009 à Marseille, les camarades et groupes de défense et de soutien aux militants d’Action Directe emprisonnés, et tous ceux qui voudront répondre à cet appel, se réuniront autour du thème « Histoire sans parole »  Café Equitable est au 54 Cours Julien. Rejoignez-nous !

 

Liberté pour Jean-Marc Rouillan Liberté pour Georges Cipriani, toujours en prison, la cour d’appel ayant infirmé la décision de semi-liberté rendue par le tribunal antiterroriste d’application des peines. La solidarité est une de nos armes… la parole aussi ! Défense Active, 80, rue de Ménilmontant, 75020 Paris – hellyetteb@free.fr