Livraison de janvier 2026

Échangisme littéraire – janvier 2026

Les notes ci-dessous sont un résumé de ce qui a été dit sur chaque titre, et non une retranscription complète des propos échangés.

  • Dans la Cuisine des Nguyen, de Stéphane Ly-Cuong (film) : Yvonne Nguyen, comédienne, tente de percer au cinéma tout en essayant d’échapper aux rôles stéréotypés dévolus aux personnes asiatiques. À travers sa relation avec sa mère, Yvonne s’interroge aussi sur son rapport à la culture vietnamienne. Un film galvanisant, drôle avec un message politique fort.

  • Rendre impossible un État palestinien – L’objectif d’Israël depuis sa création, de Monique Chemillier-Gendreau : Jamais Israël n’a envisagé l’édification d’un État palestinien. Un bouquin un peu aride (très législatif) mais qui démontre de manière implacable – l’autrice étant spécialiste du droit international – cette réalité. En complément du livre « aride » de Monique Chemillier-Gendreau une interview vidéo de l’auteure. Tout aussi implacable mais plus vivant…

  • GAZA décembre 2008- janvier 2009, ouvrage collectif, éd. La Boîte à bulles : Un ouvrage qui rassemble des textes et dessins très variés – BD, reportages, photos, etc., d’artistes et intellectuels de tous horizons, sur les bombardements de Gaza par Israël en décembre 2008. Passionnant.

  • La conscience juive, de Vladimir Jankélévitch : Le philosophe ne savait pas qu’il était juif, jusqu’à ce qu’on le lui apprenne. Une réflexion sur l’identité juive, plurielle, en témoignent les diasporas. Alors l’État d’Israël, avec son armée, son administration et ses lois, entre en dissonance totale avec cette identité et la notion de Terre promise.

  • Saint Luigi, de Nicolas Framont : Un essai du sociologue et rédacteur en chef de Frustration Magazine sur l’homme qui, en 2024, a assassiné Brian Thompson, le PDG de la première compagnie d’assurances médicales aux Etats-Unis. Luigi Mangione est devenu une icône, sans doute parce qu’il n’était affilié à aucun parti de gauche : l’identification a été de fait rendue possible. Framont analyse la violence politique. Il rappelle qu’elle est avant tout celle du capitalisme. Il déplore le fait que la gauche ait abandonné cette question.

  • Les Sept sœurs, de Lucinda Riley : Immense best-seller à destination du lectorat féminin. On y suit une héroïne riche jeune et belle (au teint hâlé, à la chevelure qui cascade sur ses épaules) qui part à la découverte de ses origines. Elle va rencontrer l’amour (un homme très beau au teint hâlé) et faire face à son passé. Un livre qui exalte éhontément le patriarcat et la domination bourgeoise. Une lecture atroce, mais qui interroge (mais atroce).

  • Chine/États-Unis – Le capitalisme contre la mondialisation, de Benjamin Bürbaumer : Un livre d’économie politique brillant qui analyse, d’un point de vue capitaliste, les rapports de force entre la Chine et les États-Unis. On y parle des nouvelles routes de la soie, de la puissance militaire états-unienne, de la question de la monnaie. L’ouvrage donne aussi des billes pour comprendre l’attitude des Etats-Unis face à la Russie dans le conflit avec l’Ukraine. Un livre qui donne de l’espoir.

  • Hikaru no go, de Yumi Hotta et Takeshi Obata : Manga en vingt-trois tomes. Hikaru est un jeune garçon qui découvre le go avec un fantôme, maître en la matière. Un manga passionnant, qui fait découvrir l’univers du go. Beaucoup de joueurs sont tombés dans le go grâce à cette histoire.

  • Arco, de Ugo Bienvenue (film d’animation) : Dans un univers solarpunk, on suit le jeune Arco qui, à la suite d’un voyage dans le temps mal maîtrisé, va atterrir dans le monde de 2075, monde qui na va pas bien du tout. Il y rencontre Iris, une fille de son âge qui va tout faire pour aider Arco à rentrer chez lui. Une belle amitié va se nouer entre les deux protagonistes. Un très beau film, contemplatif (petit bémol : les deux personnages sont dessinés très simplement).

  • Disco Elysium, jeu vidéo développé par le studio ZA/UM : Jeu de rôle où l’on incarne un détective en grosse gueule de bois qui ne se souvient plus de son passé. Un jeu au background politique, verbeux mais bien écrit, à la tonalité mélancolique et pour cause : il se déroule dans un monde détruit cinquante ans plus tôt et qui n’a pas été reconstruit. L’ambiance est préapocalyptique – le pire est à venir.

  • Pluribus, de Vince gilligan (série) : Huit épisodes, qui racontent comment un virus a ravagé l’humanité. Attention, c’est du postapo joyeux ! Les survivants sont désormais tous connectés dans une entité fusionnée (c’est la glu psychique) bienveillante, aux principes moraux forts. Seule une dizaine d’individus sont restés eux-mêmes. C’est le cas de Carole, que l’on suit et qui pète un câble face à tant de gentillesse. Une série truculente qui s’apparie à la comédie noire.