Soutien à Pinar Selek : la mobilisation s’organise

Le 22 juin dernier, la Cour suprême de Turquie a annulé le 4e acquittement de la sociologue et écrivaine Pinar Selek, persécutée depuis bientôt 25 ans par la justice et le pouvoir turcs en la condamnant à nouveau à perpétuité et faisant peser sur elle et sa famille des menaces financières. De multiples initiatives voient le jour en soutien à l’écrivaine et sociologue que nous recevions le 21 mars 2019.

Vous aussi vous pouvez aider la féministe et militante des droits humains.

Lien vers la cagnotte : https://www.helloasso.com/associations/karinca/collectes/solidarite-avec-p-nar-non-a-sa-condamnation

Plus d’informations sur https://pinarselek.fr/

Le face-à-face entre un État autoritaire et une femme engagée et solidaire nous concerne toutes et tous. Il concerne toutes celles et tous ceux qui défendent les droits humains parce que Pinar est une combattante des droits humains, en Turquie comme en France aujourd’hui. Il concerne chaque citoyenne et chaque citoyen parce que Pinar est privée de sa liberté par une décision de justice arbitraire. Elle est privée de ses libertés fondamentales parce qu’un État a décidé de faire d’elle une « terroriste » en fabriquant de toutes pièces les preuves d’un attentat qui n’était qu’un accident, ainsi que l’ont démontré plusieurs enquêtes indépendantes : l’explosion du Marché aux épices d’Istanbul de 1998 a été provoquée accidentellement par une bouteille de gaz. Pinar Selek paye depuis bientôt un quart de siècle le prix de ses engagements auprès des femmes, des enfants des rues, des Kurdes, des Arméniens, des artistes…

Mais aujourd’hui le soutien à Pinar Selek est à la hauteur de l’injustice qui l’accable. La mobilisation s’organise et s’étend. Et ça fait chaud au cœur de voir la force et le nombre des initiatives qui ont suivi la décision de la Cour suprême de Turquie d’annuler son acquittement et de faire peser sur elle et sa famille des menaces financières.

Nous nous battrons pour la réhabilitation pleine et entière de notre amie écrivaine et sociologue. Amie parce que Pinar est l’amie de toutes celles et tous ceux qui luttent pour la démocratie, la liberté et les droits humains.

Dans un très bel article de La Revue des deux mondes René Dzagoyan, analyse la condamnation de Pinar et celle de Osman Kavala, condamné à la prison à perpétuité il y a à peine deux mois. L’écrivain écrit ceci, avec beaucoup de force et de justesse :

Le combat de Pinar et d’Osman est le même : prendre le parti des individus contre la puissance écrasante de l’État, soutenir le parti des femmes contre la violence patriarcale des hommes, se ranger du côté des Kurdes contre la violence légale de l’Armée, choisir le camp des Arméniens contre une machine négationniste qui tente désespérément depuis plus d’un siècle d’effacer la tâche indélébile d’un génocide sur son Histoire. En défendant ce qu’ils défendent, Pinar et Osman remettent en question les bases profondes d’un pouvoir qui fonde son existence sur la servitude et sa légitimité sur la peur. Sans qu’ils le sachent, leur simple protestation, poche de résistance, prouve l’impuissance de cet État à demeurer tout-puissant. Face au danger de contagion dans un pays où la crise économique justifie de moins en moins la soumission, l’État n’a pas d’autre choix que de faire taire les insoumis, quels qu’en soient les moyens. Plus un État se sent vulnérable, plus la répression est féroce. La double condamnation de Pinar Selek et d’Osman Kavala, signal de son intransigeance, signe l’aveu de sa fragilité.

Tous les régimes autoritaires ont leur talon d’Achille et finissent par disparaître.