Livraison de Janvier 2021

Les notes ci-dessous constituent un résumé de ce qui a été dit sur chaque titre, et non pas une retranscription complète des propos échangés.
  • Le discours, Fabrice Caro – 2018 : Auteur, notamment connu pour sa bande dessinée Zaï zaï zaï zaï (sous le pseudonyme Fabcaro). Roman.

Un homme se rend à un repas de famille. Son beau-frère lui demande d’écrire un discours pour le mariage de sa sœur, et lui n’a pas du tout envie. Durant tout le repas, il attend la réponse de sa copine à un message qu’il lui a envoyé, car elle vient de le quitter. Ce roman est le monologue intérieur de cet homme pendant ce repas de famille. Il décrypte un peu ce qui se passe au repas, il réfléchit à sa relation avec sa copine. Le personnage est désespéré mais il nous fait rire, il a pas mal d’autodérision. On peut être nombreux à se reconnaître en lui. Ça se lit vraiment tout seul. Des adaptations au théâtre et au cinéma sont prévues.

  • Les saisons de la nuit, Colum McCann – 1998 : Roman.

En 1991, un SDF vit dans un tunnel. En 1916, des ouvriers creusent un tunnel (celui dans lequel le SDF vit en 1991), et c’est extrêmement difficile et dangereux, car ils creusent à la pelle et à la pioche, que la baie de l’Hudson n’est pas loin. Les chapitres alternent entre ces deux époques. Au début, on ne voit pas trop le rapport entre les deux, mais ça vient. Un livre qui parle de racisme (un ouvrier noir est marié à une femme blanche) et de la condition ouvrière. Très belle écriture.

Ce livre fait partie d’une collection proposant des guides de voyage imaginaires.

Celui-ci parle du soviétisme façon science-fiction, l’URSS ayant conquis l’univers pour devenir l’URSSS (Union des Républiques Sidérales, Socialistes et Soviétiques). Il y a des références à Star Wars, Jurassic Park…C’est un humour un peu spécial mais bien.

Il s’agit de l’histoire vraie d’un adolescent trouvé dans la rue en 1815, dans une ville allemande, et qui ne savait ni parler, ni marcher, ni quoique ce soit de la vie dans les sociétés humaines. Il semblerait qu’il ait été enfermé de 2 à 15 ans et que ses geôliers l’aient libéré à 15 ans. Il y a eu de nombreuses rumeurs et théories, à l’époque, sur la raison de son enfermement. L’auteur essaye de faire le point sur ce que, de nos jours, on peut savoir de cette histoire, à travers les traces que nous avons de cet événement. Un ouvrage hyper intéressant car il permet de se questionner sur la notion de sources historiques (ce que l’on peut en tirer) et également sur les cinq sens. En effet, Kaspar a certain sens très développés par rapport aux autres êtres humains, et d’autres pas du tout car on ne lui a jamais appris à s’en servir. Ça fait réfléchir à la part d’acquis et d’inné. Très bien écrit.

  • La fin de l’amour, Eva Illouz – 2020 : Essai. (En bibliothèque !)L’autrice nous raconte comment les relations affectives existent aujourd’hui : comment elles se créent, se développent, se terminent. Elle les analyse dans notre société capitaliste du 21è siècle et explique également comment ça se passait pendant le féodalisme. Pour elle, de nos jours, les relations se font sous une forme liées à la société de consommation : nous sommes des marchandises sur un marché : nous sommes évalués et valorisés. Selon elle, les relations affectives ne sont pas “capitalisables”, c’est la sexualité qui l’est et qui est transformée en marché, ce qui interroge également sur la “libération sexuelle”, le libre choix et l’appropriation par le capitalisme de cela.  Elle parle beaucoup des sites et applications de rencontre. C’est une lecture intéressante mais très déprimante. L’ouvrage est très documenté. Il y a de nombreux entretiens, donc on lit parfois des choses horribles. Cependant, on sent que la plupart des personnes interrogées viennent de la bourgeoisie : c’est peut-être biaisé.
    • La rose la plus rouge s’épanouit, Liv Strömquist – 2019 (En bibliothèque !) : Bande dessinée dans laquelle Liv Strömquist explique comment les relations sont devenues des marchandises, en s’appuyant entre autres sur les thèses d’Eva Illouz.
    • Le choc amoureux, Francesco Alberoni – 2008 : Livre dans lequel l’auteur explique qu’on recherche toujours un amour naissant, dès que ça devient routinier on a envie d’arrêter.

  • La place, Annie Ernaux – 1984 : Roman

L’autrice est issue de parents ouvriers qui se sont élevés au stade de petits commerçants. Elle fait des études, devient professeure de lettres et se marie avec un homme de la bourgeoisie, changeant donc de classe sociale. Lorsque son père meurt, elle écrit ce court roman autobiographique pour raconter la vie de son père, puis leur relation et l’éloignement progressif au fur et à mesure qu’elle grandissait, faisait des études et changeait de classe sociale. L’écriture est volontairement simple, dénuée de tournures littéraires, pour rendre hommage à son père. Cla rend le livre très accessible et l’autrice réussit à vraiment retranscrire ce dont elle parle : la barrière sociale ainsi que la vie de son père au début du 20è siècle à la campagne, puis plus tard en tant que petit commerçant, si éloignée de la nôtre au 21è siècle. Très beau roman.

Professeur d’histoire américaine à l’université, notamment connu pour Une histoire populaire des États-Unis d’Amérique. Autobiographie dans laquelle il raconte ses luttes. Il commence sa vie de professeur en se prenant une claque, car il s’attaque à l’image de Christophe Collomb et ça ne passe pas. Il doit alors quitter New York, trouve un poste à Atlanta dans une université pour femmes noires. Il raconte ses 7 années dans cet établissement, les frictions avec le doyen, etc. Ensuite, il parle de la guerre du Vietnam, de son rapport à la justice.

    • Ohio, Neil Young : Chanson écrite sur la tuerie de Kent State University.
    • Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon : Roman racontant l’histoire vraie de Patricia Hearst, petite-fille d’un magnat de la presse, qui est enlevée par un groupe révolutionnaire. Elle rejoint alors leur cause, ce qui provoque la stupeur de sa famille. Lors du procès, ses avocats décident de la dépeindre comme une victime manipulée. Très bien raconté.
    • La jungle, Upton Sinclair : Roman sur les conditions de travail dans les abattoirs de Chicago, qui a amené Roosevelt à acter le Pure food and drug act. Dans ses références littéraires, H. Zinn cite cet auteur.
    • Une histoire populaire de l’empire américain, Howard Zinn, Mike Konopacki, Paul Buhle : Bande dessinée adaptant le livre Une histoire populaire des États-Unis d’Amérique d’Howard Zinn.
    • Patricia Hearst, l’héritière à la mitraillette : Émission Une histoire particulière de France Culture consacrée à Patricia Hearst. En deux épisodes.

Julie Dachez est la scénariste. Elle est autiste asperger et raconte à travers cette BD comment ça a changé sa vie. La BD raconte l’histoire de Marguerite, 27 ans, qui se sent décalée par rapport au reste de la société. À la fin, il y a un petit mémo sur l’autisme asperger et des pathologies similaires, ainsi que les différences entre les hommes et les femmes autistes. C’est une bande dessinée plutôt rigolote, elle parle d’un sujet sérieux d’une façon légère. Les dessins sont chouettes, le choix des couleurs aussi, et les choix graphiques contribuent à expliquer l’autisme.

  • Les simples, Yannick Grannec –  : Roman qui prend place dans un couvent de nonnes, au 16è siècle. On voit la vie des bonnes sœurs, en particulier dans l’hôpital qu’elles gèrent. Parmi les habitantes de l’abbaye, il n’y a pas que des bonnes sœurs, mais également des jeunes recueillies qui sont en apprentissage. La spécificité de cette abbaye est qu’elle n’est pas rattachée à un monastère, ce qui ne plaît pas trop au nouvel évêque qui décide d’essayer de semer la zizanie pour récupérer le contrôle et leur faire fermer l’hôpital. Ce roman propose toute une réflexion féministe sur la lutte de ces sœurs pour conserver leur indépendance. Intéressant et sympathique, se lit rapidement.

  • L’Histoire trouve toujours un chemin : Chaîne Youtube d’histoire qui s’intéresse notamment à l’anarchisme, mais pas que. Chaque vidéo dure une trentaine de minutes, il y a par exemple une vidéo consacrée à Louise Michel, et deux consacrées à l’histoire du communisme par les blagues communistes.
    • Epic teaching of the history : Autre chaîne Youtube autour de l’histoire, qui propose plein de vidéos en tout genre, par exemple il y en a une sur la place des bouffons dans les cours de France et d’Europe.

  • L’Iliade et L’Odyssée, Homère : On a tous entendu parler de ces deux récits à l’école, mais uniquement par des extraits. En fait, on prend du plaisir à lire l’intégralité du récit, que ce soit pour l’histoire ou l’écriture. C’est intéressant de voir comment les grecs pensaient au courage, à la place des femmes, à l’hospitalité.