Livraison de juillet 2020

  • Lâchez-nous l’utérus !, Fiona Schmidt : L’autrice tient également un compte instagram, Bordel de mères, sur lequel elle échange autour de la charge maternelle. Ce livre traite du même sujet et est divisé en plusieurs chapitres. Au début, c’est sur les femmes qui n’ont pas d’enfant, la façon dont elles sont perçues dans la société et les injonctions à être mère. Ensuite, il y a une partie sur les femmes en général, même mères, et sur les injonctions permanentes autour de la vie de famille. Ce livre montre également les contradictions entre ces injonctions (par exemple, le fait d’être enceinte est positif pour ton entourage mais négatif pour ton travail). Un livre très bien et très intéressant.

    • Lunàdigas est un super film documentaire de Nicoletta Nesler et Susi Monzali, qui présente des témoignages de femmes qui n’ont pas d’enfants.

  • Tout sur la bite : Dernier épisode (au 1er juillet 2020) du podcast Les couilles sur la table, et c’est fou car on réalise qu’on ne connaît rien aux organes génitaux masculins. L’invité est andrologue et urologue, mais il explique que les gens qui viennent le consulter viennent souvent pour sa qualité d’urologue. Il est très cool. Grosse recommandation de cet épisode.

    • Mon nom est clitoris, Daphné Leblond & Lisa Billuart Monet : Film documentaire qui passe au Club, il contient plein de témoignages de jeunes femmes qui parlent de leur rapport au corps, à la sexualité, etc. en commençant par évoquer le clitoris. On ne sait pas d’où viennent ces femmes et c’est un peu dommage, mais c’est quand même un chouette documentaire.

  • W ou le souvenir d’enfance, Georges Perec : Roman composé de deux histoires, et on alterne : un chapitre sur l’une, le suivant sur l’autre. L’Auteur parle de son enfance dans une des histoires, lorsqu’il était caché dans le Vercors et qu’il ne comprenait pas trop ce qu’il se passait, seulement qu’il devait se cacher car il était juif. Dans l’autre, il parle de W, une île perdue dans le Pacifique. Il s’agit d’une île de sportifs, quatre villages s’affrontent en permanence et on suit les compétitions. Et c’est glaçant sur plein d’aspects, par exemple, les perdants sont privés de repas. Les deux histoires se rejoignent à la fin. A adoré ce livre, lire un ouvrage de Perec est toujours un bonheur.

  • Dans la lumière des saisons, Charles Juliet : Il s’agit d’un tout petit livre, 4 lettres envoyées à une amie vivant au Canada, une par saison. C’est un prétexte pour pour parler de soi et réfléchir à son rapport à l’écriture, à la nature, aux saisons…un très beau livre, très émouvant, hyper poétique, qui permet de voir le monde différemment. L’auteur est passé dans l’émission Par les temps qui courent et l’interview est vraiment géniale.

  • TOPO : Revue bimestrielle à destination des adolescents et adolescentes. Revue généraliste, traitant d’actualités (ou non) sous la forme de bandes dessinées : il y a deux reportages par numéro et plusieurs articles/rubriques : autour du jeu vidéo (par exemple, la pub dans les jeux vidéos, ou le fait de devoir payer pour débloquer des accessoires dans un JV), de la sexualité, des métiers (avec des choix originaux : berger, tailleur de pierre, décoratrice pour le cinéma…), etc. Chaque article est réalisé par un·e journaliste et un·e illustrateur·rice, les styles de dessins sont donc différents pour chaque article. Il s’agit d’une revue créée par l’équipe de La revue dessinée (même principe, mais à destination des adultes). Très bon travail, une revue de qualité pour les jeunes.

  • Doutes : chronique du sentiment politique, Yamini Lila Kumar : Nanar de propagande politique réalisé en 2013. Il a fait un flop total et s’est retrouvé disponible gratuitement sur Youtube. L’histoire raconte celle de deux amis, en 2007, qui sont journalistes politiques. Paul, joué par Benjamin Biolay, est de gauche, Christophe (Barbier, jouant son propre rôle), se dit neutre. Le niveau du film peut se résumer en une phrase de Christophe lors d’une discussion sur la neutralité politique “Tu trouves pas que je ressemble à un canton suisse ?”. Un film très nul et tellement improbable qu’il en est drôle. Mal réalisé, la réalisatrice a le syndrome de la caméra tremblante. Si vous avez envie de perdre 1h30 devant un nanar, n’hésitez pas !

  • Devs, Alex Garland : Série américaine, 1 saison, 6 épisodes. Dans la Silicon Valley, une boîte travaille sur l’IA. Un homme est nommé dans une unité secrète, Devs, qui travaille sur le déterminisme dans la physique (si on connaît l’état de la matière, on peut simuler l’état du monde passé et celui du futur). Sauf que ce développeur est un agent secret et il se fait assassiner. Sa femme décide de mener l’enquête. Toute cette réflexion est assez intéressante, la série se regarde bien.

  • L’école des soignantes, Martin Winckler : L’auteur est un médecin français vivant depuis dix ans au Canada. Il a été choqué, pendant ses études, par la façon dont était envisagé le soin et il a une vision très féministe de ce dernier. Il a écrit beaucoup de romans à ce sujet. Dans celui-ci, on retrouve des personnages de Le cœur des femmes, mais on peut lire ces deux romans dans n’importe quel ordre. Roman d’anticipation, l’histoire se déroule en 2034-2039, au CHHT, Centre Hospitalier Holistique de Tourmens. Le narrateur est informaticien et il décide d’intégrer l’école de soignantes de cet hôpital public. Il y a plein de personnages, qui ont tous en commun d’écrire. C’est une description de l’hôpital idéal. Tout le roman a été écrit au féminin et en écriture inclusive, mais ça s’oublie très vite car ça s’intègre bien dans le bouquin. Il n’y a pas de rapport de domination et ça tombe sous le sens, ça fonctionne bien, il n’y a pas d’envie de s’interroger sur leur identité de genre, leur orientation sexuelle…Seul bémol : tous les dialogues entre les personnages sont bienveillants et à un moment ça gonfle un peu, c’est trop policé. Sinon, tous les personnages sont attachants. Il y a un poème, “Je suis celles”, qui traverse tout le roman. Ce dernier tourne également beaucoup autour des rêves, des cauchemars, et l’accès des femmes à des histoires du passé par le biais des rêves. Chouette roman.

  • Animosity, Marguerite Bennett, Rafael de Latorre, Rob Schwager, Marshall Dillon : Comics. Un jour, tous les animaux acquièrent le même niveau de conscience que les êtres humains et se mettent à parler. Ils veulent les mêmes droits que les humains. Certains veulent se venger, un ours cogite sur le meurtre qu’il a perpétré envers un phoque, des poules tuent un coq car il les a violées…tout part en vrille et tout le monde se promène avec une arme. On suit une famille qui a un chien de chasse. Quatre tomes, le cinquième est à paraître. C’est très bien, avec des graphismes très beaux. Sur le premier tome, la temporalité est un peu complexe à suivre, mais ça s’améliore ensuite.

  • Kidding : Série, réalisée par Michel Gondry. Deux saisons, dix épisodes de 25mn pour chacune. Le personnage principal, interprété par Jim Carrey, anime une émission pour les moins de 5 ans depuis trente ans, dans laquelle il est seul sur scène dans un décor avec des marionnettes. Il a la cinquantaine, son émission est culte et il aborde différents sujets avec les enfants, pour leur expliquer ce qu’est l’amitié, un déménagement, etc. La série commence alors qu’il est en dépression : il vient de se séparer de sa femme car un de leur jumeau est décédé dans un accident de voiture. Il doit continuer à présenter l’émission, mais veut parler du deuil, de comment on s’en remet, etc. Mais son père est le producteur de l’émission et ne veut pas qu’il aborde ce genre de sujets, sa sœur gère les marionnettes, son fils de 13 ans le rejette…On assiste à ses rapports avec les autres personnages. Série très axée sur la sensibilité, les personnages sont bien construits, et il y a la réalisation de Michel Gondry qui donne une mise en scène assez spéciale à l’ensemble, originale et qui illustre parfaitement certaines scènes.

    • Michel Gondry a réalisé de nombreux clips, dont Come into my world de Kylie Minogue, un plan-séquence où la chanteuse fait quatre fois le tour d‘une intersection tandis qu’une foule de personnages s’agitent en arrière-plan, en se dédoublant à chaque tour ; et Knives Out de Radiohead, un plan-séquence avec tout plein de détails dans l’exiguïté d’une chambre d’hôpital.

    • Soyez sympas, rembobinez, Michel Gondry : Film comique, où des gens travaillant dans un vidéoclub ont abîmé les VHS du vidéoclub. Ils décident donc de refaire eux-mêmes les films, et leurs remakes deviennent célèbres.

  • Comment j’ai adopté un gnou : Jeu de société. Le principe est de raconter une histoire en fonction des phrases tirées avec des dés, et si on fait un double, on doit raconter comment on a adopté un gnou. À la fin, on doit “s’auto-évaluer” : on lance un dé, ce qui nous donne une note, et si les autres ne sont pas d’accord avec le résultat du dé, on peut le relancer. C’est un jeu rigolo et on peut jouer facilement avec des enfants à partir de 8 ans.

  • La voie du fantôme, Tony Hillerman : Polar. Deux personnes se sont entretuées, l’une des deux survit et part se soigner en montagne. L’enquêteur est un indien navajo, il travaille dans une réserve et ça permet de voir comment, en tant qu’indien qui a grandit dans les traditions indiennes, il comprend mieux ce qui se passe que le shérif blanc et que l’indien qu’il poursuit, navajo également mais qui a grandit à Los Angeles. Il y a un glossaire pour préciser des termes navajos et une carte du coin où l’histoire se déroule. Pour l’instant (lecture non achevée), c’est bien intéressant.

  • À couteaux tirés, Rian Johnson : Film. La personne qui le recommande est allée le voir sur le conseil d’un proche et s’est prise au jeu de l’enquête policière. C’est bien ficelé, ils se prennent pas au sérieux, visuellement c’est réussi. L’ensemble est comme un Cluedo. C’est divertissant, la conclusion est chouette, il y a un petit côté lutte des classes.

  • Une histoire populaire de l’humanité, Chris Harman : Livre retraçant l’histoire de l’humanité, jusqu’à la fin du 20è siècle. L’auteur est un historien britannique. Livre vraiment intéressant, qui ne se focalise pas sur les “grands hommes” et présente une histoire mondiale (et non uniquement centrée sur l’Europe). Chaque grande partie commence avec une frise chronologique récapitulant les principaux événements historiques de la partie concernée, et est divisée en chapitres d’une vingtaine de pages en moyenne, eux-mêmes divisés en sous-chapitres de 1 à 3 pages. Le fait que le livre soit si bien chapitré rend sa lecture plutôt facile malgré sa taille. Trois lexiques à la fin présentent de façon synthétique des individus, lieux et concepts mentionnés dans l’ouvrage. Le propos est accessible et cela permet de mieux connaître l’histoire de notre espèce et des sociétés humaines.

    • Histoire populaire des sciences, de Clifford D. Conner est un ouvrage excellent, autour de l’histoire des sciences.

  • Psychomagie, Alexandro Jodorowsky : L’auteur est un artiste devenu psy. Il explique ce qu’est pour lui la psychomagie, qu’il a créée : une technique thérapeutique qui passe par la réalisation d’actes symboliques, de types performance. Pour lui, la camisole ou la thérapie par la parole ne sont pas efficaces pour guérir l’âme. Il y a un film sur lui et comment se déroule ces rituels. Le livre est un peu barré, mais c’est plaisant.

  • Photos d’arbres originaux (et ne respectant pas les distanciations sociales) prises en balade et présentées lors de l’échangisme.