Livraison Échangismes littéraires – octobre 2019

Échangismes littéraires – octobre 2019

  • Lutrin à livre : Cet échangisme commence, non pas avec un livre, mais avec la présentation d’un objet. Le lutrin à livre permet de caler de gros livres et donc de lire sans avoir à soutenir un livre, comme montré sur les photos. Il est facile à coudre. Un côté est différent des autres, c’est celui qui permet de tenir le livre.

  • Introduction à John Dewey, Joëlle Zask : Ce livre présente les modes de pensée de John Dewey, un penseur américain du 19è-20è siècle. John Dewey analyse tout sous le prisme de l’expérience vécue → s’inscrit dans des modes de pensée de démocratie directe. Pour lui, lorsqu’il y a un problème par exemple, il faut faire une enquête pour connaître les contradictions, conflits, etc. d’un groupe et, à partir de là, trouver des solutions. C’était plus intéressant que prévu, par contre sa pensée ne semble pas être adaptée à la réalité des rapports sociaux, ça relève plus d’un imaginaire vers lequel on devrait tendre si on souhaitait résoudre les contradictions de la société. Assez difficile à lire…mais peut-être pas avec un lutrin !

  • Lou !, Julien Néel : Bandes dessinées. Huit tomes à l’heure actuelle. Ces BD nous racontent l’histoire de Lou, un personnage qui grandit à chaque tome. Elle a 11ans dans le premier. On suit son quotidien et son passage à l’âge adulte. C’est une très bonne BD, drôle, avec des personnages attachants . Ne pas se fier aux apparences (on peut craindre que ce soit trop niais, mais pas du tout !). Se lit très bien avec un lutrin !

  • La maison du Bosphore, Pinar Selek : Roman. Gros coup de cœur. Au début, il est difficile d’entrer dans l’histoire car il y a beaucoup de personnages et d’histoires qui s’entremêlent, c’est difficile de suivre. À un moment, tout bascule et on entre vraiment dans le livre, avec l’entrée en résistance du personnage principal. Ce livre dit beaucoup de choses sur le contexte historique, social, etc. et sur ces moments où on est à la croisée des chemins. C’est assez touchant, car l’autrice a placé dans son histoire des choses qu’elle a vécues, des personnes qu’elle a rencontrées, on s’en rend compte si on se renseigne un peu sur elle, ce qui permet de voir comment on s’inspire du tissu de la réalité pour en fait une histoire. En lisant ce roman, on passe par plein de choses, on apprend beaucoup (et encore plus avec un lutrin).

    • Recommandation en lien : l’histoire fait penser au très beau film Le poirier sauvage, de Nuri Bilge Ceylan.

  • Idées noires, Franquin : Bande dessinée en noir & blanc, un classique du genre. Il ne s’agit pas d’une histoire, mais de petites scènes (une/page). Humour noir. C’est une très bonne BD (qui devient excellente avec un lutrin).

  • Dans nos montagnes, le jour la nuit :Tract très bien réalisé par le collectif Tous migrants (et un lutrin le met encore plus en valeur).

  • Adieu la vie, adieu l’amour… Horace Mac Coy : Roman noir. Il s’agit de l’ascension d’un repris de justice qui est très fort pour persuader les gens. Par exemple, il arrive à convaincre le chef de la police de le laisser braquer des mafieux pourtant protégés par la police. C’est un roman assez compliqué à suivre au niveau de l’histoire, mais il fait partie des premiers du genre. L’adaptation ciné est très littérale, très fidèle au bouquin.

  • Les fils de la médina, Naguib Mahfouz : Roman. L’histoire est une sorte de transcription de l’histoire religieuse des grands prophètes des trois religions monothéistes (islam, christianisme, judaïsme) à l’échelle de l’histoire d’un quartier du vieux Caire, la Gamaliyya. On suit cinq personnages, à travers cinq parties, qui vont influencer la vie de ce quartier. Hyper intéressant, il n’est pas forcément nécessaire de connaître l’histoire religieuse pour comprendre de quoi parle le texte, on peut quand même saisir toutes les interrogations (et critiques) sociales, religieuses et politiques que l’auteur installe à travers ce récit. Le style est très accessible, le roman est épais mais simple à lire (encore plus avec un lutrin).

  • La nature exposée, Eric de Luca : Roman. Un sculpteur, dans un village en montagne, aide des personnes à passer la frontière, comme de nombreux autres villageois. Contrairement à ces derniers, il se fait payer mais, une fois la frontière passée, rend l’argent aux migrants. Suite à un témoignage, les projecteurs se braquent sur lui et il doit fuir le village, les autres villageois n’étant pas content d’apprendre cela. Il se fait embaucher par les propriétaires d’une statut d’un Christ drapé, qui lui demandent de dédraper le Christ, opération très difficile à réaliser puisque la statut est en marbre. Il accepte. Il s’agit d’une réflexion sur le sacré et le profane et sur la place des religions dans la société → surprenant de la part de cet auteur, mais c’était bien intéressant. Au niveau de la forme, ce roman ressemble à un conte.

  • Peut-on être radical et pragmatique ?, Irène Pereira : Essai. L’autrice oppose à chaque fois deux penseurs sous le prisme radical/pragmatique. Elle oppose par exemple John Dewey (cf. deuxième “livre” présenté lors de cet échangisme) à Trotski. Il y a également Sud (le syndicat), Marx…L’intérêt de ce livre, c’est de placer les auteurs dans les jonctions entre pragmatique et radical, c’était très intéressant.

  • Souvenirs d’Emanon, Kenji Tsuruta et Shinji Kajio : Manga. Premier tome d’une série de trois, mais celui-ci se suffit à lui-même (les deux autres, Errances d’Emanon et Mirages d’Emanon, sont liés). Ce premier tome raconte l’histoire d’un étudiant qui prend un ferry pour rentrer chez lui, de retour de voyage. Il rencontre une jeune femme et sympathise avec elle. Elle s’appelle Emanon (=no name si on inverse), et lui explique qu’elle a une sorte de mémoire totale → elle se souvient de ce que ses ancêtres ont vécy, et ce avant même d’être humaine, jusque 3 milliards d’années auparavant. Il s’agit d’un manga au rythme assez lent, avec des dessins magnifiques et une ambiance très agréable, à la fois mystérieuse et poétique.

  • De Cendres et de Braises, Manon Ott & Gregory Cohen : Film documentaire diffusé au cinéma Le Club à Grenoble. La réalisatrice a fait un travail d’immersion dans le quartier des Mureaux, près de l’ancienne usine Renault-Flins. Suite à cela, elle a créé un film, un livre, un travail photographique…tout un projet autour de ce quartier. Le film est en noir et blanc, il y a des rencontres avec les habitants. Très beau et très intéressant, c’est une partie de l’histoire de la classe ouvrière.

  • Kusama : Infinity, Heather Lenz : Film. Le film est assez classique mais la vie de cette femme, Yayoi Kusama, est tellement extraordinaire que ça vaut le coup d’aller le voir. On retrace sa vie, ses engagements politiques et artistiques, et on la voit créer.

  • Juin 1936, le Front Populaire au secours du capitalisme français : Brochure datant de 1997-1999, c’est très intéressant de la lire pour avoir également cette lecture-là au sujet de l’époque du Front Populaire. Très court et très simple.