Échangismes littéraires – septembre 2019

Échangismes littéraires – septembre 2019

  • Disgrazia ! et De l’autre côté, Coline Picaud : Bandes dessinées. Disgrazia ! Porte sur l’immigration italienne à Grenoble. L’autrice parle de sa famille, il y a des témoignages, on s’attache aux personnages. De l’autre côté parle de l’immigration maghrébine. Ces deux BD sont très fortes émotionnellement, les dessins sont magnifiques. Il existe une suite à Disgrazia !, intitulée Mais pour toi demain, il fera beau, qui parle également de sa famille.

  • Le ménage des champs, Xavier Noulhianne : L’auteur raconte son parcours : ancien ingénieur qui a arrêté de faire de la recherche à cause du surplus de bureaucratie, il se reconvertit dans l’élevage. Il se rend alors compte qu’il y a encore plus de tâches administratives que dans la recherche, et raconte son parcours et toute la bureaucratie qui entoure la mise en place d’un élevage. Il met en parallèle son parcours et comment on en est arrivé à cette situation dans l’agriculture. Il fait également des parallèles avec d’autres secteurs.

    • Recommandation en lien : le film Jeune bergère, également sur les éleveurs.

  • Nanarland : “le livre des mauvais films sympathiques”, François Cau : Au départ, Nanarland est un site créé par des grenoblois fans de Nanards qui listaient tous les nanards existants : présentation du film, critique, etc. Le livre tiré de ce site se présente sous l’apparence d’une VHS avec une jaquette (mais c’est un livre). Il s’agit d’une anthologie de nanards, avec plusieurs chapitres : les nanards qui plagient d’autres films/des acteurs, les nanards de superhéros, les nanards d’horreur, les nanards films d’auteur, les réalisateurs de nanards, le marketing racoleur…

  • Tract sur la semaine contre la répression : Cette semaine, du 10 au 16 septembre, a été organisée par le collectif antirep38. Antigone accueille des événements en lien avec.

  • Et il foula la terre avec légèreté, Mathile Ramadier et Laurent Bonneau : Bande dessinée. Un ingénieur travaillant pour une compagnie pétrolière est envoyé dans les îles Lofoten pour faire un repérage suite à un gisement de pétrole nouvellement découvert. Il rencontre les locaux et découvre les différentes implications d’un projet de forage et d’exploitation pétrolière sur ce territoire. Les dessins sont somptueux, l’histoire porte un beau message écolo’ à travers le cheminement du personnage principal.

  • Hollywood sur Nil, Noël Howard : Noël Howard a été chef de la 2è équipe de tournage pour le film La Terre des Pharaons d’Howard Hawks. Tourné en 1954 en Égypte, ce film est une superproduction hollywoodienne. Ce livre raconte tous les événements délirants qui se sont produits pendant ce tournage, on rigole du début à la fin.

  • Anatomie de la mélancolie, Robert Burton : Robert Burton est un médecin-philosophe fin 16è siècle début 17è. “Mélancolie” est à prendre au sens de l’époque : maladie de l’âme. L’auteur reprend, dans cet ouvrage, tout ce qui a été dit sur les maladies jusque ici, dressant un état des lieux des connaissances. Le style est très littéraire.

  • Repères en terrain effondré, Jean-Pierre Brès : Essai prenant la forme d’un lexique et amenant des réflexions sur différents sujets en lien avec le christianisme et la société.

  • L’histoire complète 1901-1994 : Les journaux pour enfants de la mouvance communiste et leurs BD exceptionnelles, Richard Medioni : Historique des magazines, bandes dessinées et personnages de BD ayant précédé Pif Gadget. Il s’agissait d’œuvres et de personnages ayant un fond socialiste ou communiste et partageant des valeurs progressistes.

  • Les gilets jaunes à la lumière de l’histoire, Gérard Noiriel : Gérard Noiriel est historien. Cet ouvrage transcrit un de ses entretiens avec un journaliste du Monde. Le journaliste pose de nombreuses questions inutiles/de mauvaise qualité, mais G. Noiriel réussit toujours à répondre de façon construite et historique. Ce livre n’est pas très long et permet d’avoir des arguments concrets pour des questions de merde, et c’est très bien.

  • Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué, Howard Buten : Roman sur un petit garçon qui raconte ce qui s’est passé avant et après un accident (qu’on ne connaît pas). C’est très drôle car il raconte tout avec ses expressions d’enfants de 8 ans, fautes de syntaxe incluses, et, en parallèle, c’est assez triste/dur car il est enfermé dans un institut mais ne comprend pas pourquoi. Le ton est donc à la fois drôle du fait du style, et triste du fait de l’histoire.

    • Recommandation en lien : J’espérons que je m’en sortira, Marcello d’Orta : Ce livre a été écrit par un instituteur. Il s’agit d’une compilation de plusieurs rédactions de ses élèves de primaire, dans les A.80 dans la banlieue de Naples. À travers ces rédactions, les élèves racontent leur quotidien et la misère dans l’Italie des A.80 : hébergement délabré, difficultés d’accès aux soins…c’est très intéressant.

  • Hikaru no Go, Yumi Hotta et Takeshi Obata : Manga, shonen. Hikaru, jeune adolescent, découvre un goban (plateau pour le go, jeu stratégique japonais) dans le grenier de son grand-père. Un fantôme apparaît alors, celui de Saï, ancien maître go au 8è siècle. Hikaru accepte de jouer au go pour permettre à Saï de se mesurer aux joueurs contemporains. Ce manga est génial, alors qu’il parle d’un sujet a priori pas transcendant : le go. Mais l’histoire est bien construite et les personnages si attachants qu’on a tout de suite envie de se mettre au go et devenir joueur/se professionnel(le).

    • Recommandation en lien : Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du go, Pierre Lusson, George Pérec et Jacques Roubaud : introuvable à la bibliothèque.

  • Sanctuary, Ryoichi Ikegami : Manga, seinen. Hojo et Asami sont deux amis qui décident de faire un pacte : le premier devient yakuza, le second se lance dans la politique, les deux s’entraident pour atteindre leur objectif respectif. Beaucoup de misogynie, mais cela fait partie de cet univers (politique + yakuza), et contribue donc à la crédibilité du manga.

  • Les yeux grands ouverts, Gérard Alle et Caroline Troin : Anthologie du festival de cinéma de Douarnenez autour des peuples et cultures minorisés. Les 40 années d’existence du festival sont racontées, avec des témoignages de plusieurs personnes.