Livraison de Mai 2019

  • La carte des Mendelssohn, Diane Meur : Roman. Mendelssohn est un philosophe des Lumières du 18è. Son petit-fils est un compositeur du 19è. L’autrice s’est renseignée sur ces deux hommes, en s’interrogeant sur le chaînon manquant entre les deux (le fils du philosophe et père du compositeur). Elle raconte la vie de cette famille par le biais de ses recherches → alternance des chapitres, un sur ses recherches concernant la famille Mendelssohn, un sur la création artistique. C’est assez dense.

    • Le livre Tomates de Nathalie Quintane semble être similaire dans sa construction. Ça parle de comment on parle des sujets politiques.

  • Au bonheur des morts, Vinciane Despret : L’autrice cherche à savoir comment on vit après la mort d’un proche, dans la relation avec ce dernier → elle retranscrit les récits que les personnes interrogées lui racontent, l’objectif n’étant pas d’analyser/de juger la véracité de ce que les personnes racontent (qui peuvent parler de fantômes, etc.), mais de comprendre comment on vit avec le deuil d’un proche. Ce livre est très touchant.

  • En attendant l’année dernière, Philip K. Dick : Roman, SF. La Terre est alliée à une espèce humanoïde et, sous la pression de cette alliance, entre en guerre contre une espèce non-humanoïde. Le médecin du chef d’État de la Terre prend, sans le savoir, une drogue qui permet de voyager dans le temps, sauf que l’on ne sait pas que l’on voyage dans le temps ni où l’on va atterrir exactement. Quand les effets se dissipent, on revient dans le présent, ou pas tout à fait. Cette drogue est utilisée pour permettre d’espionner dans le cadre de la guerre.

  • Vernon Subutex T.01, Virginie Despentes : Roman. Vernon, ancien disquaire, se retrouve à la rue car l’ami qui lui payait son loyer, star du rock, est décédé. Il va voir ses potes pour être hébergé temporairement. Le point positif de ce roman, c’est les descriptions psychologiques des personnages, on comprend leurs logiques. Ça fait penser au roman de Robert Walser Les enfants Tanner, qui parle de personnes en errance.

  • Une histoire populaire de la France : De la Guerre de Cent Ans à nos jours, Gérard Noiriel : Documentaire historique. Se lit vraiment très bien. C’est une approche des structures de domination : ça permet de comprendre pourquoi l’Histoire s’est déroulée ainsi. Notamment, ça explique comment on a créé l’État-nation. Le sommaire ne donne pas envie mais l’approche est très intéressante.

  • Le régiment noir, Henry Bauchau : Roman historique et d’apprentissage. Époque de la guerre de Sécession. Pierre, jeune français, quitte la France car il n’a pas envie de travailler dans l’entreprise d’armement de son père et ne s’entend pas avec ses parents. Il part en Amérique et s’engage dans l’armée du Nord, pour lutter contre l’esclavage. Il se lie d’amitié avec un esclave en fuite, Johnson, qui s’engage également pour l’Union. Ensemble, ils vont créer le premier “régiment noir” de l’armée, composée de personnes afro-américaines (et de Pierre).

  • Dérive dans une “ville créative”, Didier Moineau : Livre sur Grenoble comme exemple d’une ville créative (ou smart city), un concept en vogue pour les villes en ce moment. L’auteur aborde différents aspects de Grenoble et les analyse par rapport à ce concept de ville créative : la gentrification de St-Bruno, l’architecture, etc. C’est un livre petit et facile à lire.

  • Fatale spirale, Fabrice Vigne & Jean-Baptiste Bourgeois : Album très drôle. Dans un immeuble, un matin, deux habitants arrivent en même temps devant l’ascenseur. Au lieu de jouer des coudes, ils s’excusent et se laissent passer l’un l’autre → c’est comme cela que commence la fatale spirale, tout est bouleversé car les gens font attention les uns aux autres.

  • Garçon manqué, Liz Prince : Bande dessinée autobiographique, où l’autrice raconte son enfance et son statut de “garçon manqué” : elle n’aimait pas ce qui était traditionnellement assignée aux filles (les robes, jouer à la princesse, etc.). Elle raconte son parcours et ses réflexions sur le genre avec humour (et des dessins moches mais finalement sympathiques).

  • Éloge de la transmission : le maître et l’élève, George Steiner et Cécile Ladjali : Dialogue entre Cécile Ladjali, professeure de français, et George Steiner, qui était son professeur à l’université. Leur dialogue part du projet autour de la poésie que Cécile Ladjali a initié avec une de ses classes, en banlieue, et auquel George Steiner a participé en correspondant avec la classe. Elle raconte le projet dans ce livre et ils discutent de leurs deux mondes, celui des adolescents de banlieue française et celui de Steiner.

  • Une case en moins, Ellen Forney : Bande dessinée autobiographique. L’autrice est bipolaire, elle raconte son parcours, ses craintes face aux médicaments (peur de perdre sa créativité), ses discussions avec sa psy, sa souffrance, etc. Ça fait réfléchir sur la prise en charge des troubles psychologiques. Super bien, elle décrit très bien son vécu, mais avec un certain recul.