Ne crois pas avoir de droits

Ne crois pas avoir de droits nous raconte l’histoire d’un groupe de femmes qui se sont rencontrées, principalement à Milan, entre 1966 et 1986 et qui ont fait des rapports entre femmes la substance de leur politique. Ce livre, a été écrit dans les années 80 en Italie, c’est un texte féministe qui fait référence et qui n’avait jusque là pas été traduit en français.

Parce que transmettre l’histoire des luttes est essentiel, un groupe de femmes vient de traduire ce texte en français et Antigone vous invite à une présentation de leur travail en leur présence.

Repas à partir de 19h, présentation et échanges à 20h

Ne crois pas avoir de droits :

En Italie, le concept de différence est au cœur du féminisme radical dans ces années-là. Il vient s’opposer au principe juridique d’égalité qui conseillait de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre l’émancipation des femmes.
Parler de différence permet aussi de parler de disparités entre femmes et plus largement entre individus et vient directement s’opposer à l’universel masculin.
C’est une quête de la liberté qui commence avec la création de petits groupes de femmes qui se retrouvent à partir de leurs expériences, leurs contradictions, pour cheminer ensemble vers la signification de leurs désirs, de leur place dans le monde.
Il s’agit de se constituer comme sujets autonomes, notamment en pratiquant la disparité entre femmes et en se fiant de préférence à une de ses semblables pour affronter le monde.
Les femmes de la Librairie des femmes de Milan font, dans ce bouquin, le récit d’une expérience collective, de la démarche d’une politique à partir de soi.

« Il faut se trouver à l’origine de sa liberté pour en avoir une possession sûre, ce qui ne revient pas à en garantir la jouissance, mais à être certaine de pouvoir la reproduire dans des conditions moins favorables. Sexualiser l’ensemble des rapports sociaux jusqu’à leurs fondements a pour objectif de placer les femmes à l’origine de leur liberté ; avant ces bouts de papier qu’on nomme lois ou constitutions ; avant l’organisation de la production matérielle ou de la recherche scientifique qui me donnent aujourd’hui une bouteille de lait, demain une pilule ; et puis je ne sais quoi. Avant les conventions sociales qui commandent aux hommes de respecter l’autre sexe. Avant, c’est-à-dire là où la différence sexuelle reçoit sa première interprétation. »