mars
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"Les jeux de l'amour et de la guerre"
La vocation du ciné club d'Antigone est de faire découvrir des films du répertoire mondial qui posent un regard critique sur les rapports sociaux, qui prennent pour objet des thèmes toujours d'actualité ( la domination, l'exploitation, la guerre,le racisme, l'immigration, la corruption, la révolte individuelle ou collective, les relations homme-femme, communauté-individu, la critique de la politique,.la solidarité...). Ces films ne seront pas des films militants ou documentaires mais des films produits dans les cadres traditionnels du cinéma. Peu ou pas diffusés dans les salles, sur le câble ou dans les Ciné-clubs traditionnels, leur projection sera suivie d'une discussion et un dossier conséquent autour du film, du thème abordé, du contexte historique sera édité et disponible, dossier qui le mettra en rapport avec d'autres modes d'expression : photographie, livres, bd...afin de permettre un approfondissement pour celles et ceux qui le souhaiteront.
Sixième film de la saison "Les jeux de l'amour et de la guerre"
(The americanization of Emily), États-Unis/Angleterre, 1964, 1h59
Un film d’Arthur Hiller,
Avec James Garner, Julie Andrews, James Coburn, Melvyn Douglas
Le film se déroule en 1944 : des officiers de l'armée américaine sont basés en Angleterre dans l'attente du débarquement en Normandie. Deux ans après la sortie de la super-production Le jour le plus long, Arthur Hiller, ancien pilote dans l’armée de l’air canadienne, en propose une nouvelle version en négatif, une comédie satirique doublée d'un film de guerre violemment antimilitariste qui s'il fut un échec commercial cuisant à sa sortie en 1964, à l'époque même où les États-Unis couraient s'embourber au Viet-Nam dans une guerre interminable, reste aujourd'hui toujours d'actualité.
On ne sait ce qui a pu traverser l’esprit de la MGM pour lancer la produ ction de son troisième long métrage, mais il fallait certainement plus que de l’audace pour obtenir le finan cement de cette satire digne du maître du genre, Billy Wilder. En effet, il est plutôt rare d’entendre dans la bouche de l’interprète principal, officier de la Navy, des sentences aussi définitives que : La vertu est contre toute nature » ou encore « Je prêche la lâcheté, qui est notre salut. Surtout lorsque l’on se retrouve face à un film de guerre !
Les couards vont-ils faire l’Histoire ? Du moins écrire ses plus belles pages ? La légende a un prix et la fabrique de la vérité aussi. Jusque dans ses derniers instants, le film garde sa puissance dénonciatrice et cynique, se refusant à un retournement de dernière minute qui le ferait retomber dans la plate moralité. La décision finale des deux personnages est peut-être moralement contestable, mais elle est avant tout libre. Au delà de la comédie grinçante, et de son caractère de brûlot anti-militariste provocateur, Les jeux de l'amour et de la guerre sont aussi une réflexion pertinente sur les infortunes de la Vérité au pays de la Morale des Vainqueurs et du Politiquement correct. Le débarquement, le jour J sont filmés par le héros, avec une caméra dont il sait que le magasin ne contient pas de pellicule !
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Prix libre
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