Antigone


contre la pensée unique

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févr

04

Cinéma( 20:00 )

La révolte sanglante 

La vocation du ciné club d'Antigone est de faire découvrir des films du répertoire mondial qui posent un regard critique sur les rapports sociaux, qui prennent pour objet des thèmes toujours d'actualité ( la domination, l'exploitation, la guerre,le racisme, l'immigration, la corruption, la révolte individuelle ou collective, les relations homme-femme, communauté-individu, la critique de la politique,.la solidarité...). Ces films ne seront pas des films militants ou documentaires mais des films produits dans les cadres traditionnels du cinéma. Peu ou pas diffusés dans les salles, sur le câble ou dans les Ciné-clubs traditionnels, leur projection sera suivie d'une discussion et un dossier conséquent autour du film, du thème abordé, du contexte historique sera édité et disponible, dossier qui le mettra en rapport avec d'autres modes d'expression : photographie, livres, bd...afin de permettre un approfondissement pour ceux qui le souhaiteront.

 

Cinquième film de la saison

La révolte sanglante (Matewan) Un film réalisé par John Sayles USA, 1987, 133mn

Scénario: John Sayles, Image: Haskell Wexler, Son: John Sutton, Musique: Mason Daring, Décor: Dan Bishop, Montage: Sonia Polonsky produced by Maggie Renzi and Peggy Rajski; released by Cinecom Pictures en collaboration avec IFC Films et Anarchists' Convention

Avec Chris Cooper (Joe Kenehan), James Earl Jones (‘Few Clothes’ Johnson), Mary McDonnell (Elma Radnor), Will Oldham (Danny Radnor), David Strathairn (Police Chief Sid Hatfield), Ken Jenkins (Sephus Purcell), Gordon Clapp (Griggs), Kevin Tighe (Hickey), John Sayles (Hardshell Preacher), Bob Gunton (C.E. Lively), Nancy Mette (Bridey Mae), Joe Grifasi (Fausto), Jo Henderson (Mrs. Elkins), Maggie Renzi (Rosaria)

 

Dans les années 1920, dans les mines de Virginie, la situation est devenue intolérable pour les mineurs exploités et maltraités. La compagnie régente toute leur vie sans pitié. La question de l'organisation d'un syndicat à même de fédérer les forces des mineurs en révolte se pose avec acuité. A Matewan, une ville du Comté de Mingo, Joe Kenehan débarque ainsi en même temps qu'un groupe de mineurs noirs, engagés pour briser une grève. Il s'installe dans une pension de la ville et prend contact avec les mineurs pour les aider à s'organiser. Mais la Compagnie envoie une milice privée, les Baldwin-Felts, qui ne recule devant aucun moyen pour briser les grèves. L'affrontement violent et sanglant sera inévitable.

Inspiré de l'histoire des guerres du charbon et de faits réels le film illustre parfaitement la violence des rapports sociaux aux Etats-Unis (et pas seulement) quelques années seulement après l'un des plus violents conflits social de son histoire : le massacre de Ludlow en avril 1914.Ce film coup de poing est soutenu, dans la tradition du Folk Song, par une bande musicale exceptionnelle.

"À la fin des années soixante, j’ai fait beaucoup d’auto-stop. J’ai traversé les régions minières de la Virginie occidentale et du Kentucky. C’était l’époque où deux dirigeants se disputaient le contrôle du syndicat des mineurs : un vieux bonhomme corrompu, Tony Boyle, et un nouveau venu, Jock Lablonsky. Boyle finit par faire assassiner Lablonsky, sa femme et sa fille. Les mineurs qui me prenaient en stop me parlaient de leur syndicat et se référaient invariablement à une période encore plus sombre, celle du massacre de Matewan. Quand j’ai commencé à faire des recherches pour mon second roman, Union Dues, je suis retombé sur cet épisode, qui m’est apparu révélateur de toute une époque. Les "guerres du charbon", furent vécues à un niveau si personnel que cela m'a donné l'idée de faire un film sur les évènements de Matewan, qui puisse enfin décrire de manière accessible et émouvante les éléments et principes à la base de ce que l'Amérique est devenue et de ce qu'elle aurait dû être : l'individualisme contre le collectivisme, l'héritage personnel et politique du racisme, l'utopie de l'immigrant se heurtant à une dure réalité, le capitalisme de monopole confronté au prolétariat le plus violent, un homme de loi sanglé de deux revolvers, affrontant une poignée de briseurs de grève armés. Que pouvait-on demander de plus à une histoire ?"

John Sayles

 

"Matewan, c'est l'anti-Germinal. Pas de stars à la présence incongrue comme chez Claude Berri, mais des fidèles du réalisateur au talent inversement proportionnel à leur faible notoriété (Chris Cooper, David Strathairn, Mary McDonnell...) se joint à eux un petit jeune nommé Will Oldham, très bon acteur qui malheureusement délaissera le cinéma pour devenir l'emblème du néo-folk neurasthénique sous les pseudonymes de Palace ou Bonnie Prince Billy. Les montagnes de la Virginie-Occidentale sont photographiées par le grand chef opérateur Haskell Wexler à la manière du Wyoming dans la Porte du paradis de Cimino. Pas ou peu de discours militant brut de fonderie, mais une démonstration par l'image du travail ouvrier comme nouvelle forme de l'esclavage. Pas de pathos pénible, mais un lyrisme humble qui n'exclut ni des scènes d'action forte (la fusillade finale façon western), ni des moments touchants. Pour exprimer la solidarité naissante entre les damnés de la mine, John Sayles n'a besoin que d'une chanson : la guitare du Virginien «de souche» y accompagne la mandoline de l'immigrant italien, avant d'être rejointe par l'harmonica de l'ancien esclave noir."

Samuel Douhaire "Libération"

 

Téléchargez ici le dossier complet autour du film en pdf

 

 

Prix libre

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